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La scarification, un appel à l'aide ?

15 juillet 2010

Depuis quelques années maintenant, la scarification est un phénomène de plus en plus fréquent chez les 12-17 ans. Qu'est-ce qu'on appelle exactement "scarification" ? Pourquoi certains ados éprouvent-ils ainsi le besoin de se faire du mal ? Comment s'en sortir ?

Incision cutanée, la scarification est une entame infligée sur l’épiderme. Elle consiste à s'entailler la peau des poignets, des bras, parfois du ventre et des cuisses à l'aide d'un objet aiguisé, généralement un rasoir ou un cutter. C’est la forme délibérée la plus courante des blessures corporelles des adolescents qui expriment ainsi un réel mal être, un état de profonde souffrance psychique. En inquiétante progression (environ 10% des jeunes auraient recours à cette pratique), ce phénomène interpelle par sa violence.

Une forme d’automutilation

Les adolescents et parfois de jeunes adultes s’automutilent, se font souffrir de façon consciente. Entailler son propre corps par le biais de la scarification ne relève pas exactement de l’automutilation (attaque irréversible d’un organe). La scarification permet pour certains de s’échapper provisoirement de l’animosité dans laquelle ils se sentent enfermés. Il s’agit alors d’une façon de se libérer de ses tourments psychiques par la douleur physique.

D’après Xavier Pommereau, Michaël Brun et Jean-Philippe Moutte, auteurs de L'adolescence scarifiée, les scarifications consistent en des incisions et des lésions cutanées délibérément infligées laissant des cicatrices plus ou moins durables. Au même titre que la fugue ou l'alcoolisation massive, la scarification est de plus en plus courante chez les adolescents et constitue des conduites de rupture précoces associées à des tentatives de suicide. « Au départ, le jeune se scarifie pour soulager une douleur morale. Mais plus il le fait, plus il devient prisonnier des symptômes : son corps va réclamer cette souffrance, et c’est le cercle vicieux », explique Xavier Pommereau, pédopsychiatre au Centre Abadie du CHU de Bordeaux.

En général, les adolescents se cachent dans leur chambre ou dans la salle de bain lorsqu’ils s’infligent ces blessures. Ils prennent parfois le plus grand soin à masquer ces marques. Souvent liée à des troubles alimentaires tels que la boulimie ou l’anorexie, « l’automutilation », notamment la scarification, montre une volonté de contrôler son corps et les changements qu’il subit.

 

L’aide d’un psychologue ou d’un psychiatre souvent inévitable

La scarification est un phénomène à prendre très au sérieux. Se scarifier n’est pas un acte anodin et l’adolescent qui s’inflige une telle violence est le sujet de profondes angoisses. Se scarifier pourra même être une façon d’appeler à l’aide indirectement, par le biais d’une souffrance visible sur le corps. « L’automutilation » est alors une sorte d’exutoire, d’antidote contre l’indifférence dont peuvent faire preuve ses parents, ou bien même une manière de dépasser un traumatisme dans certains cas.

L’aide d’un psychologue ou d’un psychiatre s’impose parfois d’elle-même et se trouve souvent être inévitable pour que l’adolescent puisse exprimer verbalement son mal être. Le dialogue avec un praticien pourra s’avérer plus efficace qu’un entretien familial, justement parce que le spécialiste s’engage sans a priori et qu’il n’est pas impliqué dans les émotions familiales.

Par Axelle Francine | En savoir plus : Dépression |
  dernière mise à jour : 15 juillet 2010

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