
Un jour, une petite plaquette a fait son apparition dans notre salle de bains ou au fond de notre sac. De ce jour-là, nous gardons des sentiments mêlés : angoisse, fierté ou agacement… Nous vous avons demandé ce que représentait pour vous la pilule aujourd'hui : sésame ou boulet ?
De manière un peu surprenante, la majorité des filles citent d'abord les effets… secondaires de la pilule. Au-delà de leur usage contraceptif, les hormones aident en effet parfois à réguler les règles, à résorber les boutons et à arrondir le décolleté…
Clémentine : "Mon rapport à la pilule est plutôt médical, j'avais beaucoup d'acné et aucun traitement ne faisait effet. Alors on m'a prescrit la pilule et je suis débarrassée."
Justine aussi fait partie de cette génération à qui l'on a donné la pilule pour des raisons d'abord de confort : "Elle m'a aidée à avoir des règles enfin régulières et à ne plus avoir affreusement mal au ventre…"
Quant à Begierde, elle est ravie : "Depuis que je la prends, je n'ai plus d'acné et j'ai pris de la poitrine (enfin !)".
On est loin de l'image de la pilule à ses débuts, redoutée comme un traitement lourd et qui entraînait au contraire des effets indésirables comme la prise de poids ou la peau grasse…
Néanmoins, vous n'avez pas oublié la fonction première de la pilule : empêcher les accidents indésirables… et, de façon plus précise puisque nous sommes également à l'ère du préservatif obligatoire, permettre d'oublier enfin (après le test HIV !) le latex.
Et puis, même si c'est contraignant de penser à la prendre, Calypso fait remarquer qu'ensuite, "c'est la tranquillité d'esprit quand on est avec son chéri." Plus besoin de s'interrompre en pleine action, exit la crainte de la capote qui craque… et le reste.
Flo : "La pilule, et le test du Sida qui s'est révélé négatif, m'a permis de connaître de nouvelles sensations… fini la viande sous cellophane !"
La vie sexuelle commence maintenant avec le préservatif. Etre assez amoureuse et confiante dans l'autre pour passer à la pilule, c'est aussi un grand pas dans l'engagement. Comme cette jeune femme qui confie : "je l'utilise afin d'être vraiment bien, libre et sans contrainte avec l'homme de mes rêves".
Logiquement, qui dit relations sexuelles et engagement amoureux sérieux… dit passage dans la cour des grands. Pour vous, le passage à la pilule signe donc aussi le moment où vous vous êtes senties, voire où vos proches ont admis, que vous étiez une adulte libre de ses choix.
Une anonyme : "C'est presque une fierté chaque soir de la prendre… C'est une manière de m'affranchir, de me sentir enfin responsable de ma vie et de ma sexualité."
Begierde : "Pour moi, c'est un très grand pas. Auparavant, ma mère avait refusé, mais là elle me l'a proposée car j'ai décidé de vivre avec mon copain. C'est un symbole fort de ma "nouvelle vie", une vie où je ne suis plus une ado avec ses parents, mais une femme à part entière."
Malgré tous ses avantages, la pilule reste un médicament à prendre quotidiennement, et à heure fixe encore. Et certaines ne lui pardonnent pas…
Cécile, par exemple : "C'est vraiment une contrainte, la prendre tous les soirs à la même heure, ne pas l'oublier…"
Pauline, elle, a carrément abandonné : "Je l'oubliais régulièrement, ce n'était pas prudent. Mon gynéco m'a conseillé l'anneau vaginal, et j'en suis très satisfaite."
Même pour celles qui l'assument, la pilule, symbole d'une vie sexuelle active, fait parfois tache dans le décor. Flo raconte : "Devant mes amis je ne me cache pas pour la prendre. Pas question en revanche que ma famille l'apprenne !" Calypso préfère aussi la discrétion : "Quand je pars dans ma famille je la cache : ils n'ont pas besoin de tout savoir…"
Souvent, le secret est éventé un jour et tout devient plus simple. C'est ce qui est arrivé à Amarita : "Au début je la cachais jusqu'à ce que mon père, qui était contre, la découvre ! Mais il n'a rien dit, donc maintenant je ne la cache plus." Justine, au contraire, la revendique : "Quand je prends ma pilule je le fais devant tout le monde, ça m'est égal. Et si ça choque quelqu'un, tant mieux !"
Ah, si celles qui se sont battues pour légaliser la pilule il y a quarante ans l'entendent, cela doit leur faire chaud au cœur.