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Anorexie : a qui la faute ?

A postériori, on peut toujours dire qu'il aurait fallu faire ou dire ou ne pas, ceci ou cela, pour éviter l'entrée en anorexie... Une certitude, le problème est complexe, probablement le fruit d'un événement (même insignifiant) sur un terrain vulnérable.


Les jeunes filles anorexiques maîtrisent parfaitement leur environnement, sont persévérantes et perfectionnistes, ce qui explique le silence prolongé de leurs hormones régulatrices de l'appétit (et accessoirement leurs bons résultats scolaires et leurs performances sportives !).

Une forme d'addiction ?

Une addiction sans drogue, purement comportementale, c‘est ainsi que les psychiatres définissent l'anorexie. Parce qu'elle est souvent associée à d'autres formes d'addiction ou de troubles des conduites, et en particulier à la boulimie. Cette envie irrésistible d'avaler n'importe quoi n'importe comment entretient d'ailleurs, en boucle, le besoin de maîtrise forcenée que caractérise l'anorexie. Parce que le "circuit de récompense" est stimulé dans le cerveau par ce semblant de jeûne, combiné à l'hyperactivité physique. La jeune fille est alors incitée à le "titiller" sans cesse, pour un plaisir renouvelé.

 

assiette

 

Des motivations inconscientes

Quand les ressources internes, pour différentes raisons, font défaut face à des difficultés, le corps, et l'image de soi, devient un rempart, garant de l'identité. Et contraindre son corps, par la maîtrise absolue de l'alimentation, est un moyen d'apprivoiser ce qui leur échappe ou les angoisse, la réalité alentour. Le challenge est de mettre à jour cette "intentionnalité inconsciente", à opposer à l'intentionnalité consciente (on sait pourquoi on veut mincir), lors d'un régime "déclic" commencé pour perdre une poignée de kilos superflus a mal tourné... Les raisons de cette restriction résultent sans doute de fragilités anciennes, sur le terrain de la confiance et de la sécurité personnelle, l'adolescence, une période par essence déstabilisante, jouant le rôle de révélateur.

Une maladie "adolescente"

On ne devient pas anorexique parce qu'on veut copier un idéal de minceur ! En effet, l'adolescente qui va bien s'inspire d'un modèle sans pour autant le dupliquer, alors que celle qui va moins bien préfère un miroir d'elle-même à un exemple à reproduire... La perception que la jeune fille anorexique a d'elle-même est faussée et c'est tout à fait sincèrement qu'elle se trouve trop grosse alors qu'elle ne l'est plus ou ne l'a jamais été. Son régime, sans limites, est aussi sans rapport avec l'image de son corps, qu'elle cache habituellement sous d'amples vêtements : la maîtrise de la nourriture, un choix et un défi, occupe son champ de conscience et occulte le corps ou les interventions extérieures, parentales au premier chef.
Différentes hypothèses à l'origine du trouble sont avancées, comme une perturbation des mécanismes de la métamorphose adolescente (qui peut réactiver un traumatisme de l'enfance), qui se traduirait par un refus (inconscient) de grandir, de s'émanciper de ses parents, de renoncer à son corps d'enfant et une peur de la sexualité.

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